VEN 18 • 19H30 > 20H30

Cathédrale Notre-Dame de la Treille

Tarif B / Concert n°2

Bernard Foccroulle © D.R

BERNARD FOCCROULLE

Méditation sur la beauté de la Création et sur le comportement de l’Homme à son égard

Récital

Orgue Bernard Foccroulle

Œuvres de
Bach • Foccroulle • Florentz • De Grigny • Messiaen • Scheidemann • Vierne • Weckmann

Véritable hommage à la Nature, ce programme proposé par Bernard Foccroulle se compose d’œuvres d’Olivier Messiaen, de Louis Vierne ou encore de Jean-Louis Florentz qui se sont tantôt inspirés de chants d’oiseaux ou des quatre éléments pour rendre compte de sa beauté. L’organiste dénonce l’action néfaste de l’Homme sur la Nature en se basant sur le Purgatoire de Dante. Quant à l’œuvre La Passacaille et Fugue en ut mineur de J.S. Bach, l’un des plus imposants chefs-d’œuvre pour orgue, elle révèle l’aboutissement d’une tradition de plusieurs siècles selon laquelle la musique avait pour objet de refléter la beauté de l’Univers.

NOTES DE PROGRAMME

La splendeur de la Création a été chantée dans de nombreux textes et chants sacrés qui mêlent étroitement le Sacré et la Nature. C’est notamment le cas des hymnes O lux beata Trinitas et A solis ortus cardine.

La nature proprement dite a été admirablement chantée par Olivier Messiaen, qui s’est inspiré des chants d’oiseaux du monde entier, mais aussi de l’eau, du vent, du feu et d’autres phénomènes naturels. Louis Vierne a également écrit plusieurs pages qui célèbrent la beauté de la nature, notamment « Etoile du soir », extraites de la troisième Suite des Pièces de fantaisie pour grand orgue. Dans « Laudes » (1983-85), un cycle de sept pièces inspirées de la musique médiévale éthiopienne, Jean-Louis Florentz a choisi notamment d’évoquer le « chant des fleurs » par le biais d’une texture sonore particulièrement délicate et raffinée.

Et l’homme dans tout cela ? Nous prenons conscience aujourd’hui, et bien tardivement, de l’attitude arrogante de l’être humain : nous avons cru pouvoir dominer la nature et la mettre à notre service, au risque d’une destruction aux conséquences incalculables.

Dans ce contexte, le choral luthérien Erbarm dich mein, o Herre Gott (traduction libre du Psaume 51 : « Prends pitié de moi, Seigneur Dieu »), prend un relief particulièrement prophétique.

Dans E più corusco il sole, je me suis inspiré du Purgatoire de Dante, poème fondateur de la culture italienne qui décrit la montée de Dante et Virgile, leur sortie des enfers, l’ascension du Purgatoire. Parvenu aux deux-tiers de son chemin initiatique, Dante constate la disparition de son guide Virgile au moment même où il revoit pour la première fois Béatrice.  Celle-ci lui reproche amèrement sa conduite passée et son infidélité. Dante s’évanouit sous le poids des reproches ; à son réveil, une belle dame le plonge dans l’eau, et le livre ensuite à une danse de quatre belles. Le soleil, plus flamboyant, célèbre ce pardon de toute la chaleur de ses rayons.  Régénéré comme une jeune plante, Dante est prêt à monter vers les étoiles. Tout au long du récit, la nature tour à tour symbolise les difficultés de l’ascension, réfléchit le paysage intérieur des protagonistes, guérit les âmes, indique l’horizon à atteindre…

La Passacaille et Fugue en ut mineur de J.S. Bach est l’un des plus imposants chefs d’œuvre pour l’orgue. On peut y entendre l’aboutissement d’une tradition multiséculaire (remontant à l’Antiquité…) selon laquelle la musique avait pour objet de refléter la beauté de l’Univers. Perçue de la sorte, cette œuvre nous atteint de la splendeur de sa construction formelle, mais elle nous interroge également sur notre capacité à retrouver notre place au sein de la Nature, et notre rôle pour la protéger à nouveau.

Bernard Foccroulle